Roy Lichtenstein, le pop art et Black Widow

Je suis content d’avoir lu les aventures de Black Widow dans Amazing Adventures (v.2, 1970).

Amazing Adventures fait partie de ces séries d’anthologie que l’éditeur utilise pour tester de nouveaux personnages et concepts, finir des arcs narratifs abandonnés dans des séries annulées ou pour garder vivants des personnages qui ne sont pas assez populaires pour avoir leur propre série.

Tout le magazine est… ordinaire? Mais il contient tout de même quelques moments exceptionnels. Comme cette case dessinée par Neal Adams, simple et efficace, où on ne voit que les cheveux roux de Medusa, emblème de son pouvoir, et que j’accrocherais dans mon salon.

Ou cette scène avec Hank McCoy/Beast des X-Men, qui apprend à accepter, avec humour, sa nouvelle fourrure bleue, provoquée par une expérience qui a mal tourné.

Amazing Adventures (v.2, 1970), #6
Amazing Adventures (v.2, 1970), #14
Amazing Adventures (v.2, 1970), #5

Mais ce qui a surtout retenu mon attention, c’est cette case dessinée par le sous-apprécié Gene Colan, et qui conclut le #5. L’histoire, écrite par Roy Thomas, traite de suicide et présente Black Widow comme un personnage mystérieux et complexe: une rareté pour l’époque, surtout pour un personnage féminin. Et dans cette dernière case du numéro, on voit Black Widow au téléphone, larme sur la joue.

Tout de suite, je pense à cette fameuse toile de Roy Lichtenstein, Ohhh… Alright… (1964), que j’avais vue au Art Institute de Chicago. Après quelques recherches, je crois qu’il y a peut-être aussi une référence à ses deux Crying Girl (1963 et 1964). Puis dans les #6-7, il y a même un otage qui s’appelle… Dr. Lichenstein. Un hasard?

Je me suis rendu compte que je ne le connais pas tant que ça, Lichtenstein. En cherchant un peu plus, je suis tombé sur cet article du Guardian que je vous invite à lire: Roy Lichtenstein: from heresy to visionary.

En voici mon passage favori:

«Lichtenstein is a conceptual artist who uses conventional representations to explore his abstract concepts. He liked using cartoon symbols, such as seeing stars, or the curving lines that indicate an arm in motion, because, he said, they « related to the way the futurists would have portrayed motion. There are certain marks, like these, that I am fond of using because they have no basis in reality, only in ideas. »»

Et après avoir tout lu l’article, j’ai découvert ma nouvelle toile préférée: Masterpiece (1962). Cette toile est ironique à tellement de niveaux. Et Lichtenstein a vachement bien réussi son coup! Parce que si vous cherchez dans Google les mots «Lichtenstein» et «Masterpiece», eh bien, c’est sur cette toile que vous tombez. Ce serait difficile de trouver une meilleure représentation du mot «chef-d’oeuvre» dans la culture pop ou le pop art.

Mais c’est ça qui est intéressant, dans le fond, avec la bande dessinée et Roy Lichtenstein: la popularisation de la culture, et celle de l’art. Ou peut-être, plutôt, leur omniprésence. Lichtenstein nous rappelle que chaque case de bédé, que chaque petit bout de culture, a le potentiel d’être un chef-d’oeuvre en soi.

Publié par Simon Cordeau

simoncordeau.net

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